L'éthique de la ferme

Notre quotidien avec les Grandes Z’oreilles

Chez nous, chaque geste est guidé par le respect des animaux et de la nature. Nos ânes vivent au rythme des saisons, avec un accès libre aux prairies toute l’année avec équi-piste et pâturage au fil. Slow feeding, bar à minéraux, bar à eaux et compléments alimentaires sont mis à disposition pour renforcer l’immunité des animaux.

Phytothérapie, homéopathie, ostéopathie, acupuncture et autres soins naturels sont utilisés au cas par cas avec l’appui du vétérinaire traitant. On prend le temps de les observer, de les écouter, et de choisir ce qui leur convient le mieux.

Nous pratiquons une reproduction raisonnée. Sur 7 ânesses en âge de se reproduire, une seule met bas chaque année. Notre ferme est aussi engagée dans des démarches plus larges : elle est reconnue comme refuge LPO, refuge pour chauves-souris, zone de BZZZ et membre de la confédération paysanne.

Et parce qu’une ferme vivante, c’est aussi un écosystème, nous recréons des haies, creusons des mares. Lien vers notre article de blog sur la permaculture

L’élevage, tout en douceur

Chez nous, les ânesses ne sont pas mises à la reproduction trop jeunes et grandissent tranquillement. Hormis Frimousse pour qui nous avons fait l’erreur, la première rencontre avec un mâle reproducteur a lieu au plus tôt à l’âge de 7 ans, le temps qu’elles terminent leur croissance.

La gestation dure entre 11 à 14  mois. Une fois le petit né, le couple mère-petit bénéficie d’une visite ostéo et d’un véritable "congé maternité" d’un minimum de 3 mois. Pas de traite pendant cette période, juste du lien, du repos et du soin.

Le rythme de la traite

Quand l’ânon devient plus autonome en alimentation et s’éloigne volontairement de sa mère durant plusieurs heures sans aucun stress, la traite peut débuter.

Le matin, vers 7h, la mère ainsi qu’une autre ânesse changent de pré. Mais pas d’inquiétude : elle est dans le pré voisin de son petit et garde un œil sur lui. Lui passe la journée avec le reste du troupeau, une sorte de crèche champêtre, pendant qu’elle « part au travail ».
Cette proximité est essentielle : si l’ânesse ne sait pas son petit tout près, elle bloque son lait.

Suivant la lactation de l'ânesse, nous ferons 3 ou 4 traites par jour. L'ânon retrouve sa mère à 17h juste après la dernière traite.

Certaines journées sont dédiées au repos, pour elles plus que pour nous. Ces jours-là, pas de traite : ils restent ensemble toute la journée pendant que nous sommes avec vous sur les marchés. Nous respectons le rythme naturel de chaque ânesse. Sans jamais forcer la lactation, elle peut parfois durer jusqu’à 24 mois.

Nous pouvons arrêter la traite pour plusieurs raisons : dès que l’herbe se fait rare sur la ferme, en plein été, lors de canicule, de grosse gelée... La santé des petits passant avant la récolte de lait.

Et les ânons, que deviennent-ils ?

Qu’ils soient mâles ou femelles, nos ânons restent chez nous au moins jusqu’au jour où leur mère décide de les sevrer. Entre-temps, ils sont éduqués à vivre auprès d'humains : accepter le licol, donner les pieds et autres manipulations. Ensuite, si une personne recherche un âne pour un beau projet de vie commune et qu’elle et un de nos ânes (né sur la ferme) s’entendent bien, alors il pourra partir vers de nouveaux horizons.

Dans de rares cas, comme Guimauve qui a souffert de problèmes articulaires et osseux pendant sa croissance, elle fut "déclarée" à la retraite dès son plus jeune âge et resta chez nous jusqu'au moment où elle ne supporta plus son handicap. (Hommage à Guimauve)

Nous gardons nos ânesses suffisamment longtemps pour assurer une production de lait régulière tout en leur offrant des temps de repos essentiels et une retraite à la ferme. Vous voulez en savoir plus sur qui reste, qui part, et pourquoi ? Ou sur les différences entre achat, adoption et parrainage ? C’est par ici ! Sachez aussi que nous ne nous séparons jamais d’un âne avant ses deux ans, et nous ne sommes jamais pressés de dire au revoir à l’une de nos grandes oreilles.

En résumé : pas de « saucisson d’âne » au programme ici !

Nos grandes z’oreilles

Rosalie, Vadore, Valentin, Souris, Quiquine, Frimousse, Framboise, Julianna, Diva, Guimauve, Hélios, Hercule, Indie, Jaspe, Karma, Kaizen, Louve, Mystique, Namasté, Onagre et Pastel.

Ce sont les doux noms de nos grandes et belles oreilles qui vivent, ou ont vécu chez nous.

Tous ont leur caractère, leur histoire. Nous apprenons à connaître chacun d’eux, à créer une relation de confiance, pour leur donner envie de travailler à nos côtés.

Nous avançons ensemble, à leur rythme comme au nôtre, en acceptant parfois de nous remettre en question. C’est un vrai travail d’équipe.

Trois de nos ânes (Valentin, Vadore et Rosalie) sont ici uniquement pour être papouillés et aimés. Leur passé a été plus ou moins difficile, et après un passage au refuge de l’ADADA, nous avons choisi de leur offrir une retraite paisible et méritée.

Pour la plupart, ces belles oreilles sont toujours chez nous et nous comptons bien les y garder. Certaines sont malheureusement décédées (Framboise & Guimauve). Hélios a trouvé sa place dans une micro-ferme en maraîchage, Karma et Kaizen sont aujourd’hui chez des particuliers qui prennent soin d’eux et Hercule est passé par une association de médiation animale et est revenu par la suite à la ferme.

Pourquoi ne faut-il pas nourrir les animaux dans leur pré ?

En leur donnant à manger, vous pouvez aussi les rendre nerveuxmordeurs ou créer des situations dangereuses entre eux comme avec les humains.

Pour mieux comprendre pourquoi il est important de ne pas nourrir les animaux que vous croisez dans leur pré, découvrez notre article de blog dédié.